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Hasard du calendrier, un an après sa nomination, le ministre de l'Environnement, du Développement durable et de l'Economie sociale de la République Centrafricaine a découvert, hier à Bouzonville, le savoir-faire français en matière de fabrication de jus de fruits.
Au départ, il ne s'agissait que d'une visite de travail et d'amitié. Sauf que la visite d'un ministre ne passe pas inaperçue dans une commune comme Bouzonville. En charge de l'Environnement, du Développement durable et de l'Economie Sociale de la République Centrafricaine, Joseph Kiticki-Kouamba n'a donc pas fait que tisser des liens commerciaux hier en pays de Nied. Reçu comme il se doit en mairie, il a pu évoquer son pays et la tâche qu'il s'est fixée aux personnalités locales et régionales qui s'étaient déplacées.
 

"Notre hôte a un projet à mener avec des fonds de la Francophonie et du FAO, une émanation de l'ONU: monter une unité de production de jus de fruits au sein d'un groupement féminin>, a expliqué Jean-Yves Heusser, l'entrepreneur bouzonvillois à l'origine de sa venue. Gérant de la société SIMACO, crée en 1983 et spécialisée dans la fabrication de tels outils, il a rencontré Joseph Kiticki-Kouamba "lors d'un forum sur la France et l'Afrique il y a deux ans quand il n'était pas encore à ce poste.
Désireux d'améliorer la qualité de vie de la population de la République Centrafricaine, "pays de post-conflit, aujourd'hui exsangue>, le ministre a accepté son invitation de découvrir ses installations ainsi que l'atelier de production de jus de pommes et la distillerie de Volmerange-lès-Boulay. "Malgré énormément de potentialités tant du côté ressources que du climat - nous sommes une des rares régions d'Afrique à ne pas connaître la sécheresse - en passant par notre minerai, le diamant noir que Bokassa a tant utilisé, notre pays est l'un des plus pauvres au monde. La faute à une gestion irrationnelle de nos richesses>, a assuré Joseph Kiticki-Kouamba à son public français. "Face à un environnement très menacé, le développement durable c'est donc de gérer nos ressources de manière à satisfaire les générations actuelles et futures. Autrement dit d'acquérir un savoir-faire. J'ai donc pris mon bâton de pèlerin pour aller voir ailleurs ce qui se fait de bien!" Comme au lycée agricole de Courcelles-Chaussy et au centre d'expérimentation fruitière de Laquenexy où le ministre africain sera aujourd'hui. Avant de repartir vers les siens, mille et une idées à concrétiser à l'esprit.
V. D.
Paru le : 08/04/04 (Lorraine / Société)- REPUBLICAIN LORRAIN