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"Une unité artisanale qui pourrait fonctionner
facilement dans votre pays", a souligné Jean-Yves Heuser,
le gérant rencontré autrefois "au sein de France Afrique
Université lors d'un colloque sur les transferts de technologies
entre le Nord et le Sud. Démarrée en 1983 et employant
aujourd'hui sept personnes, l'entreprise bouzonvilloise travaille régulièrement
avec le continent africain. "Au départ, on n'a commencé avec
des fruits locaux avant de s'intéresser aux fruits exotiques",
a expliqué le responsable de fabrication, Raymond Kerber. "À partir
des données de l'Institut de recherches agronomiques de Montpellier,
nous avons pu par exemple élaborer ce pasteurisateur électrique
destiné au Kenya", précise-t-il en désignant
un bloc gris de dimension raisonnable. Si elle avoisine entre 80 et 82
degrés
pour les pommes et les poires, la pasteurisation des mangues, goyaves
et autres ananas demande en effet une température minimale de
84°.
Il en va de la qualité du jus de fruit que produit cette chaîne à raison "de
20 à 30 litres par heure". Un rendement qui n'a rien à voir
avec celui de l'industrie. "C'est voulu. Peu automatisée,
notre ligne permet, en cas de problème, un dépannage sur
place, avec des pièces de rechange que l'on peut trouver en Afrique
ou dans d'autres pays.
"S'approprier les technologies nouvelles"
Quelques kilomètres plus loin, une autre initiative a vivement intéressé Joseph
Kiticki-Kouamba. Soucieux "d'amener les populations à s'approprier
les technologies nouvelles pour satisfaire les besoins des générations
actuelles et futures, tout en s'appuyant sur les ressources naturelles>,
le ministre s'est rendu à l'atelier de production de jus de fruits
et à la distillerie de Volmerange-lès-Boulay. "Leur fonctionnement
syndical pourra peut-être être repris chez vous", a fait alors
remarquer le maire Gérard Vecrigner. Président de ce syndicat
arboricole, Philippe Hestroffer en a rappelé l'historique: "Notre
objectif premier était de conserver un maximum d'arbres autour des
villages. De valoriser la prune, la cerise, la mirabelle, éventuellement
la noix, en en faisant tout d'abord de l'alcool dans la limite du raisonnable.
Chaque adhérent a appris à distiller, en respectant la réglementation
imposée par les douanes". Cette équipe de bénévoles
ne s'arrêtera pas là. "Sur le même principe, on a
créé l'atelier de jus de pommes pour que chaque personne puisse
participer à la fabrication de son propre jus. Soit 100 à 130
l/jour, en discutant de l'acidité des pommes, du sucre qu'il faudrait
ajouter. Cela fait deux ans qu'on tourne et on a 150 adhérents." Fort
de ce succès, le syndicat n'en oublie pas pour autant le verger pour écoliers "où les
enfants plantent, taillent, mettent du fumier", les 10 ares de vignes
et les 300 arbres que ces bonnes volontés ont "un peu de mal à entretenir".
La protection des arbres justement fait partie des enjeux du Parc naturel
de Lorraine représenté par Daniel Beguin, présent également
en sa qualité de vice-président du Conseil Régional,
de Laurent Godé et de Anne Vivier, venus échanger avec le ministre.
L'initiative du syndicat arboricole de Volmerange-lès-Boulay pourrait être
aussi une voie à suivre pour ces derniers "afin de maintenir
les vergers dans le paysage>. Autant d'idées, de "connaissances" que
Joseph Kiticki-Kouamba compte bien exploiter de son côté lui
aussi.
V. D.
Paru le : 08/04/04 (Saint-Avold / Boulay)- REPUBLICAIN LORRAIN
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